dimanche 10 juillet 2016

Numéro spécial - Altriman

"Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais", tel est la devise de l'altriman, un triathlon pas comme les autres, du moins pour les habitués comme nous du bord de mer.
Pour ma part, le format choisi était l'half. En quelques chiffres :
 - 1.9 km de nage dans le lac
 - 92 km de vélo, 3 cols, un peu plus de 3000m de dénivelé cumulé
 - 21 km, 550m de dénivelé


En résumé, tout commence à 8h, dans le parc à vélo. Le soleil s'est levé sur un ciel pur et dégagé. Le lac laisse échapper quelques volutes de fumée créant une atmosphère féérique. Ce lac, entouré de montagnes, au lever de soleil, quelle splendeur !
8h30, c'est le départ. L'eau est bonne, c'est la cohue, la ruée, la baston. Au programme, la traversée du lac, on longe le bord opposé, puis on revient. Moins de monde au retour, plus tranquille. Je sors de l'eau 42ème en 31 minutes, me déshabille tranquillement, prend le temps de me sécher, mettre des chaussettes, et c'est parti pour le vélo.

Première montée, pas hyper dure, mais longue (surtout à froid). Surtout garder le rythme car la montée fait 13km. Je ne sais plus où regarder tellement les paysages sont grandioses. Quand soudain "Eh t'es pas là pour admirer le paysage" me lance un gars de mon club. "Arg, j'ai oublié mon appareil photo" je lui répond.
Puis un faut plat descendant nous permet d'attaquer la remontée vers le col de la Llose. Et on bascule de l'autre coté pour 14 km de descente. Si ça pouvait tout le temps être comme cela !! Malgré des pointes à 55km/h, je me fais doubler par des véritables fusées. Soit ils maitrisent leur vélo, soit ils ont déposé leur cerveau au départ. Cette fois, je reste concentré sur la route, les virages serrés, les bords de montagne : je connais enfin la signification de l'expression avoir la tête dans le guidon.
Une fois en bas, devinez quoi ? Oui, vous l'avez compris, nous devons remonter pendant 14 km, sur une pente douce (5% de moyenne) jusqu'au col de Creu. A ce moment là, la température est de 33° au soleil (pourquoi personne n'a planté de platane sur les routes de montagne ??). La montée est dure, plus par la chaleur que par la difficulté. "Heureusement que c'est beau" me lance un concurrent. "Carrément, ça permet de passer le temps" je lui répond. Et nous continuons à pédaler, sous un cagnard. C'est clair que les paysages traversés valent le détour.
Arrivé au col, un groupe d'espagnol avec la musique à fond nous encouragent. Mes gourdes sont vides, j'ai soif, mais on bascule aussitôt vers le village de Matemale et son ravitaillement (ah, de l'eau fraiche).
Puis nous partons pour un faux plat face au vent qui annule la pente (grrrrr), mais la descente se fait plus franche jusqu'à Escouloubre les bains, le point de départ  d'une ultime torture qui durera 9km et commencera par une belle portion de 12% sur 3 km. Au total, cette cote me prendra 50 min (faites le calcul) et pas un seul arbre pour faire de l'ombre. Là encore, nous passons par des routes à peines plus larges qu'une voiture. Nous ne voyons pas grand monde, mais à chaque petit village traversé, il y a de l'animation, de la musique et des "Allez Stéphane" (c'est cool d'avoir son prénom sur son dossard). Et se sont même les espagnols venus en nombre qui mettent le plus d'ambiance, même si je ne comprend pas tout ce qu'ils disent.
Après une ultime descente pour prendre de l'élan, c'est la longue remontée vers les Angles par une pente douce pour enfin poser le vélo (et que je suis content de le poser).

Après avoir changé de chaussette (oui j'ai mon petit confort), mis mes chaussures, j'attaque la course à pied. Mon dieu, que j'ai soif. Les ravitaillements tous les 2.5km ne sont pas de trop. Un verre avalé, un verre sur la tête. Les 8 premiers kilomètres se font à l'ombre, mais après les choses se gâtent. Du soleil, encore du soleil, toujours du soleil. Rappelez vous, 33°C vers 11h, et là il est 14h. Pas d'ombre et le pire, c'est que ça commence à grimper. Je crois que c'est le début de la fin, les crampes d'estomac arrivent. Je me force à boire à chaque ravitaillement, mais c'est dur. La grosse cote (9% sur 1.6 km) se fera en marchant. Puis nous rebasculons vers l'autre versant, et un belle descente vers le lac de Balcère où un peu d'ombre nous attend. Demi-tour puis ça remonte. J'alterne course et marche, c'est dur. Enfin j'arrive en haut. Il ne reste plus que 3km de descente et c'est la ligne d'arrivée. Au 4/5 de la descente j'entend des voix familières. C'est ma petite famille qui m'attend sur un banc (en mangeant des pop corns). Un bisous à chacun et hop, direction la ligne d'arrivée. Les derniers mètres sont de la folie, les bénévoles, les participants déjà arrivés, les supporters des autres participants, français, espagnols, tous forment une haie d'honneur et applaudissent, crient, félicitent, scandent mon nom (rappelez vous il est sur le dossard), et là je rentre dans la salle des fêtes où se tient l'arrivée et le speaker prend le relais "Arrivée de Stéphane DAMIENS de Nantes Triathlon. Bravo!" Tout le monde applaudit, le photographe me fait signe d'attendre devant l'arche, et c'est la photo finish. Ça y est, un peu moins de 8h. Ou plutôt, presque 8h d'effort, de bonheur, de douleur aussi mais la joie d'être arrivé jusqu'au bout.


Au final, je retiendrai de cette journée, une ambiance de folie, des paysages de folies, une épreuve de folie. Et c'est clair, que cette folie là, je ne la regretterai jamais.



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